En bref
- Les membres du conseil syndical sont désignés par l'assemblée générale à la majorité de l'article 25 : plus de la moitié des voix de tous les copropriétaires, présents ou non.
- Si un candidat n'atteint pas cette majorité mais réunit au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, l'assemblée revote aussitôt à la majorité de l'article 24, celle des voix exprimées.
- Pour être sur la liste, il faut que la candidature figure à l'ordre du jour : on la notifie au syndic, qui l'inscrit à la prochaine assemblée, ou à la suivante si la demande arrive trop tard.
- Peuvent être élus les copropriétaires et leurs proches désignés par la loi ; le syndic, ses préposés et leur famille proche en sont exclus, même s'ils sont copropriétaires.
- Le mandat dure trois ans au plus, renouvelable. Le conseil élit ensuite lui-même son président parmi ses membres.
Les membres du conseil syndical sont élus par l’assemblée générale à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965 : plus de la moitié des voix de tous les copropriétaires, présents ou non. Si un candidat n’y parvient pas mais obtient au moins le tiers de ces voix, l’assemblée revote immédiatement, cette fois à la majorité des voix exprimées. Encore faut-il que la candidature figure à l’ordre du jour : elle se notifie au syndic avant la convocation. Le mandat dure trois ans au plus, et le conseil élit ensuite lui-même son président.
Ce que fait le conseil une fois élu, ses pouvoirs et ses limites, est traité dans notre article sur le rôle du conseil syndical. Ici, on s’en tient à l’élection : qui peut se présenter, comment, et comment se comptent les voix.
Qui peut se présenter, et qui ne le peut pas
L’article 21 de la loi du 10 juillet 1965 dresse la liste des personnes parmi lesquelles l’assemblée choisit les membres. Elle est plus large qu’on ne le croit, et elle exclut aussi des copropriétaires.
Peuvent être élus :
- les copropriétaires, occupants ou bailleurs ;
- leurs ascendants ou descendants, leurs conjoints et leurs partenaires de PACS ;
- leurs représentants légaux, par exemple le gérant d’une société propriétaire d’un lot ;
- leurs usufruitiers ;
- les associés de certaines sociétés propriétaires, ainsi que les accédants et acquéreurs à terme.
Ne peuvent pas être élus, même s’ils sont eux-mêmes copropriétaires : le syndic, ses préposés, c’est-à-dire ses salariés, et pour les uns comme pour les autres leurs conjoints, partenaires de PACS, concubins, ascendants, descendants, et parents en ligne collatérale jusqu’au deuxième degré, soit frères et sœurs. La règle protège l’indépendance du contrôle : le conseil syndical contrôle la gestion du syndic, il ne peut pas compter sa famille.
Un locataire, en revanche, n’a aucun titre pour siéger, quelle que soit son ancienneté dans l’immeuble.
Faire inscrire sa candidature
L’assemblée ne vote que sur les questions inscrites à l’ordre du jour. Une candidature annoncée en séance, sans inscription préalable, expose la désignation à une contestation. Il faut donc passer par le syndic.
L’article 10 du décret du 17 mars 1967 permet à tout copropriétaire, à tout moment, de notifier au syndic les questions qu’il souhaite voir inscrites. Le syndic les porte à l’ordre du jour de la prochaine assemblée. Si la demande arrive trop tard, après l’envoi des convocations, elle est inscrite à l’assemblée suivante.
Pour une candidature, la démarche tient en quelques lignes :
- Écrire au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par le moyen de notification électronique prévu par votre copropriété, en indiquant que vous demandez l’inscription de votre candidature au conseil syndical.
- Joindre un projet de résolution simple : « L’assemblée générale désigne M. ou Mme X membre du conseil syndical pour une durée de … ans. »
- Envoyer tôt, plusieurs semaines avant la date habituelle de l’assemblée, pour ne pas basculer sur l’année suivante.
- Vérifier la convocation à réception : votre nom doit figurer dans la résolution consacrée au conseil syndical.
Un candidat qui ne peut pas être présent le jour de l’assemblée peut voter par correspondance ou donner pouvoir. Les règles des procurations, et leurs plafonds, sont détaillées dans le pouvoir en assemblée générale.
Le jour du vote : une majorité, puis un second vote possible
C’est ici que la plupart des contestations prennent naissance, parce que la majorité de l’article 25 ne se calcule pas sur les présents.
Premier vote, article 25. La désignation exige la majorité des voix de tous les copropriétaires de l’immeuble, absents compris. Dans une copropriété de 10 000 tantièmes, il faut donc plus de 5 000 voix favorables, même si seuls 6 000 tantièmes sont présents ou représentés.
Second vote, article 25-1. Si la majorité n’est pas atteinte mais que le candidat a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, la même assemblée revote immédiatement à la majorité de l’article 24 : la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. Les abstentions ne comptent plus.
En dessous du tiers, la candidature est rejetée. La passerelle vers une nouvelle assemblée, prévue par le même article, ne concerne que certains travaux, pas la désignation des membres du conseil.
En pratique, chaque candidat fait le plus souvent l’objet d’une résolution distincte. C’est ce qui permet d’appliquer ces seuils candidat par candidat, et c’est la présentation la plus lisible au procès-verbal.
Un exemple chiffré
Copropriété fictive de 10 000 tantièmes. Sont présents, représentés ou ont voté par correspondance des copropriétaires totalisant 6 500 tantièmes. Seuils : majorité de l’article 25 à 5 001 voix, tiers des voix de tous les copropriétaires à 3 334 voix.
| Candidat | Voix pour au premier vote | Résultat du premier vote | Second vote (voix exprimées) | Issue |
|---|---|---|---|---|
| A | 5 400 | Majorité de l’article 25 atteinte | Sans objet | Élu |
| B | 4 100 | Échec, mais plus du tiers | 3 800 pour, 1 900 contre, 800 abstentions | Élu |
| C | 3 500 | Échec, mais plus du tiers | 2 200 pour, 3 000 contre, 1 300 abstentions | Non élu |
| D | 2 900 | Échec, moins du tiers | Pas de second vote | Non élu |
Le candidat B montre l’effet du second vote : sans lui, il n’aurait pas été élu. Le candidat C montre qu’il n’est pas une formalité : au second vote, les voix contre l’emportent sur les voix pour, et les abstentions ne le sauvent pas.
Le détail de chaque majorité, avec les décisions qui relèvent de l’une ou de l’autre, est dans notre article sur les majorités en assemblée générale.
Durée du mandat, suppléants et vacances de sièges
L’article 22 du décret de 1967 fixe la règle de durée : les membres sont désignés pour trois ans au plus, renouvelables. Le nombre de sièges et les règles de fonctionnement du conseil sont fixés par le règlement de copropriété, ou à défaut par l’assemblée générale. Relisez-le avant l’assemblée : il prévoit parfois une représentation par bâtiment ou un nombre de membres précis.
L’assemblée peut aussi élire des suppléants, dans les mêmes conditions de majorité. Ils remplacent, dans l’ordre de leur élection, les membres dont le siège devient vacant, par démission ou par vente du lot par exemple.
| Situation | Ce que prévoient les textes |
|---|---|
| Durée du mandat | Trois ans au plus, renouvelables |
| Siège vacant avec suppléant | Les suppléants remplacent les membres dans l’ordre de leur élection |
| Plus d’un quart des sièges vacants | Le conseil n’est plus régulièrement constitué : de nouvelles désignations s’imposent |
| Révocation d’un membre | Par l’assemblée générale, à la même majorité que la désignation |
| Désignation du président | Par le conseil syndical, parmi ses membres |
Quand personne n’est élu
Il arrive que les candidats manquent, ou qu’aucun n’atteigne la majorité. La loi prévoit trois issues distinctes, qu’il ne faut pas confondre.
- L’assemblée décide de ne pas instituer de conseil syndical, par une délibération spéciale à la majorité renforcée de l’article 26. La copropriété fonctionne alors sans, régulièrement.
- Le juge désigne les membres, à la demande d’un ou plusieurs copropriétaires ou du syndic, avec l’accord des personnes désignées. Il peut aussi constater qu’il est impossible d’instituer un conseil.
- Le constat de carence, faute de mieux : le procès-verbal qui constate l’absence de désignation est notifié à tous les copropriétaires, et de nouvelles candidatures peuvent être inscrites à l’assemblée suivante.
Enfin, un copropriétaire qui conteste une élection, parce qu’un candidat était inéligible ou que la majorité a été mal calculée, dispose d’un délai court pour agir en justice à compter de la notification du procès-verbal. Les conditions et le délai sont détaillés dans notre article sur la contestation d’une décision d’assemblée générale.
Questions fréquentes
À quelle majorité sont élus les membres du conseil syndical ?
À la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965, c'est-à-dire plus de la moitié des voix de tous les copropriétaires, y compris les absents. Si le candidat n'y parvient pas mais obtient au moins le tiers de ces voix, l'assemblée procède immédiatement à un second vote à la majorité de l'article 24, calculée sur les voix exprimées.
Comment se porter candidat au conseil syndical ?
En notifiant votre candidature au syndic, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, pour qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour. Le décret du 17 mars 1967 oblige le syndic à l'inscrire à la prochaine assemblée, ou à la suivante si la demande arrive après l'envoi des convocations.
Un locataire peut-il être élu au conseil syndical ?
Non. La loi réserve le conseil syndical aux copropriétaires et à des personnes qui leur sont liées : ascendants, descendants, conjoint, partenaire de PACS, représentant légal, usufruitier, associés de certaines sociétés propriétaires, accédants et acquéreurs à terme. Un locataire n'a aucun titre pour y siéger.
Combien de temps dure le mandat d'un membre du conseil syndical ?
Trois ans au plus, renouvelables. La durée exacte est fixée par le règlement de copropriété ou, à défaut, par l'assemblée générale au moment de l'élection. Elle doit figurer dans la résolution et dans le procès-verbal.
Qui élit le président du conseil syndical ?
Le conseil syndical lui-même, parmi ses membres. L'assemblée générale élit les membres, mais elle ne désigne pas le président : c'est la loi du 10 juillet 1965 qui confie ce choix au conseil.
Sources et méthode
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis : article 21 (composition du conseil syndical, incompatibilités, président, absence de désignation), article 25 c (désignation et révocation des membres à la majorité des voix de tous les copropriétaires), article 25-1 (second vote), consultés sur Légifrance le 2 octobre 2026
- Décret n° 67-223 du 17 mars 1967 : article 10 (inscription d'une question à l'ordre du jour à la demande d'un copropriétaire), article 13 (l'assemblée ne décide valablement que sur les questions inscrites à l'ordre du jour), article 22 (organisation du conseil, mandat de trois ans au plus renouvelable), article 25 (suppléants et vacance de plus d'un quart des sièges), consultés sur Légifrance le 2 octobre 2026
- L'exemple chiffré est construit par la rédaction pour illustrer le calcul des majorités ; il ne décrit pas une copropriété réelle.